[Trop, cest trop !
Maman en a vraiment marre de tous ces bonbons dont les enfants raffolent.
Dabord, ça colle aux dents et cest plein de colorants.
Ses filles, pourtant, adorent les bonbons !
Justement, « grand-mère » vient juste den acheter ! UN GROS PAQUET avec des crocodiles, frites, ufs et autres cocas
« Où sont les bonbons, maman ? Nous voulons des bonbons !
Trop, cest trop ! Se dit maman.
Maman répond : Dans la maison du loup !
Les trois petites filles étonnées : Quoi ?
Maman reprend très sérieuse : Je les ai rangé dans la bonbonnière que jai mise dans la maison du loup !
Pourtant, avec les trois paires dyeux que lui roulent ces jolies billes, maman cède quand même.
Je veux bien aller vous en chercher un peu, mais pas trop car
trop, cest trop !
Alors, deux ça sera bien suffisant !
Moi, un uf et un ours !
Moi, un uf et une banane !
Et moi, un uf et un coca !
Ainsi, les filles attendent et écoutent.
Chez le loup, maman entre à pas de loup. Elle dit avec sa voix de maman: Excusez- moi le loup, je viens vous demander quelques bonbons.
Les filles tremblantes, entendent la voix grave et forte qui semble bien être celle du loup.
« Bien ! Bien ! Mais Pas trop ! Car trop, cest trop !
Oh, non ! Reprend la voix de maman. Ne vous inquiétez pas ! Merci Monsieur le loup. »
Ainsi, les semaines passent et la bonbonnière finit pas être moins pleine. De moins en moins pleine !
Alors que maman cède encore devant les roulés-boulés de ces chères petites bien-aimées, elle va de nouveau retrouver la grosse voix du loup qui lui répond légèrement fâché.
« -Mais, chère maman, il nen reste que trois !
Pendant ce temps-là, les trois filles attendent leur maman bien serrées les unes contre les autres
-Ce nest pas grave, donnez-les moi et nous nen parleront plus !
-Comment ça, jai horreur des bonbonnières vides, je les garde ! »
Le loup a refusé. Maman revient bredouille au grand désespoir de ses filles.
Chaque jour, les trois petites filles pensent aux trois bonbons restés seuls, isolés et enfermés dans une bonbonnière. Cest vraiment trop bête ! ]...
Jeanne Moineau.
Texte écrit en 2002 (voir « livre de brouillon »), repris, tapuscrit et changé en novembre 2004,























A vous la parole